Fish domestication in aquaculture: reassessment and emerging questions

Teletchea F.

Date de parution: février 2019
Volume: 43
Number: 1
Pagination: 007-015
Editeur: Société Française d'ichtyologie
doi: https://doi.org/10.26028/cybium/2019-431-001
Notes:

Fabrice Teletchea, fabrice.teletchea@univ-lorraine.fr
Université de Lorraine, Inra, URAFPA, F-54000 Nancy, France

Résumé

Historically, aquatic products were derived from wild capture fishes. However, declining marine catches since the early 1990s, combined with an increasing demand for fish products, has created a strong impetus for aquaculture. By 2014, half of global seafood consumption originated from aquaculture. The rise of aquaculture production has relied mostly on the domestication of a growing number of teleost fishes. In total, 250 species belonging to 71 families have been farmed since 1950. Among the 250 species, 183 were still produced in 2009. This implies that 67 species had been farmed only for a short time (most often less than five years). Nearly 70% (n = 175) of the species farmed in 2009 were classified in the first three levels of domestication; the other 75 species reached levels 4 and 5, and might be considered as domesticated. The 35 species classified at level 5 belong to ten families, including Cyprinidae (n = 10), Salmonidae (n = 8), and Acipenseridae (n = 5). More than 90% of global production was based on only 20 species in 2009. This shows that aquaculture production is heavily skewed toward the farming of a few (often alien) species. Conversely, these data suggest that most domestication experiments have failed to reach significant volumes. However, a growing interest in promoting native species in aquaculture, particularly in South America, has resulted in significant changes. The strong development of alien and native aquaculture around the world, along with various supplementary hatchery stocking programmes, has resulted in billions of captive fish belonging to over 300 species being either accidentally or deliberately released into the wild each year. Yet, captive fish differ from their wild counterparts, and may develop phenotypes that are maladaptive in nature. Therefore, the release of hatchery-reared fish should be considered after other measures (e.g. limiting harvests, and habitat restoration or modification) have failed, and all efforts should be made to prevent farmed fish from escaping into the wild.

Mots-clés: Aquaculture - Diversification - Domestication - Sustainable development - Teleost fishes
Résumé en français

Domestication des poissons en aquaculture : bilan et questions émergentes

Historiquement l’essentiel des produits aquatiques provenaient de la capture de poissons sauvages. Cependant, la diminution des captures par pêche au niveau mondial depuis le début des années 1990, combinée à une demande croissante en produits aquatiques, ont créé une forte demande pour les produits d’aquaculture. Cela a conduit à ce qu’en 2014, la moitié des produits aquatiques consommés dans le monde est issue d’élevage. L’explosion de la production aquacole a reposé principalement sur la domestication d’un nombre croissant d’espèces de poissons téléostéens. Au total, 250 espèces appartenant à 71 familles ont été élevées au cours des dernières décennies. Parmi ces 250 espèces, 183 étaient toujours produites en 2009. Cela implique que 67 espèces ont été produites uniquement pendant une courte période (le plus souvent moins de 5 ans). Plus de 70% (n = 175) des espèces produites en 2009 ont été classées dans les trois premiers niveaux de domestication ; les autres 75 espèces ont atteint les niveaux 4 et 5, et pourraient être considérées comme domestiquées. Les 35 espèces classées au niveau 5 appartiennent à dix familles, incluant les Cyprinidae (n = 10), Salmonidae (n = 8), et Acipenseridae (n = 5). En 2009, plus de 90% de la production globale est fondée sur 20 espèces uniquement. Cela montre que la production aquacole est très fortement déséquilibrée en faveur de quelques espèces, et inversement la plupart des tentatives de domestication ont échoué à atteindre des volumes significatifs. Les espèces majeures dans la production aquacole ont été fortement introduites à travers le monde, notamment au cours du siècle dernier, si bien que l’essentiel de la production aquacole repose sur l’élevage de quelques espèces introduites dans de très nombreux pays. Néanmoins, depuis quelques années, la volonté de favoriser les espèces natives en aquaculture a conduit à des changements importants dans de nombreux pays, notamment en Amérique du Sud. Avec le très fort développement de l’aquaculture et des programmes de repeuplement, des milliards de poissons captifs appartenant à plus de 300 espèces sont relâchés accidentellement ou volontairement dans le milieu naturel. Cependant, les poissons captifs diffèrent de leurs congénères sauvages et peuvent développer des phénotypes défavorables en milieu naturel. Par conséquent, le relâché de poissons nés en captivité devrait être considéré comme le dernier recours une fois que les autres mesures ont échoué (e.g. diminution des captures, et restauration ou modification des habitats). Tous les efforts devraient être mis en œuvre pour éviter le plus possible que les poissons élevés ne s’échappent des fermes.

PDF visible uniquement pour les abonnés Cybium